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06-08-11

SUPER 8

super 8 : un film sans réelles surprises mais redoutablement efficace, totalement rafraîchissant, et particulièrement émouvant ... une déclaration d'amour aux films de genre - les cinéphiles avisés s'amuseront à décortiquer les citations et autres filiations - au cinéma populaire - celui qui est censé rapporter gros mais qui parvient à faire rêver quand il est maîtrisé et sincère - et finalement, plus que tout, à l'enfant qui est en chacun de nous, les yeux écarquillés devant la toile ou bien tournés vers les étoiles, fascinés par les mystères qui nous entoure, comme ceux profonds et noyés par les larmes de Joe Lamb, ce garçon de 15 ans qui devra faire le deuil de sa mère en découvrant l'amour et l'amitié, la peur et la compassion.

Posté par Ubikart à 01:49


02-01-11

Shutter Island & Inception

Deux films, un même acteur, et une sensation de déjà-vu.

Shutter Island, une oeuvre nécessairement mélancolique : hallucinations d'un homme en deuil manipulé par le doute - qu'il soit paranoïaque ou cauchemardesque - rongé par le manque - qu'il soit affectif ou médicamenteux - et torturé par le remords.

En écho pas si lointain à la toupie infinie d'Inception : un personnage fantôme au vécu semblable, hanté par la figure disparue de son amour antique, dominé par l'incurable sentiment de culpabilité qui en résulte, et accroché au peu d'espoir qui lui reste de combler le vide de son existence familiale.

Deux films pour une même thématique : le feu brulant de la passion, la nostalgie du paradis perdu.

Deux films en forme de puzzles psychologiques certes prévisibles et mécaniques. Un jeu de rôle sur l'île du subconscient et de la confusion en guise de quête initiatrice / identitaire pour une identique rédemption finale.

En effet, l'étrange corrélation entre ces deux fictions miroirs est encore accentuée par leurs fins respectives - un simple plan sur le totem pour l'un, une simple phrase à double sens pour l'autre - qui posent l'ambiguïté morale concernant le choix fait par ces hommes pour se débarrasser de leurs démons :

L'immersion dans le rêve ou l'adhésion au réel pour le personnage d'Inception ?
Le suicide dans la folie ou le consentement de la vérité pour le personnage de Shutter Island ?

C'est là l'ambivalence des sentiments.

Et le générique de nous laissser dans l'incertitude au réveil.

Mais peu importe.

Nous retournons à la réalité avec l'impression d'avoir échapper un temps à nos angoisses les plus intimes. C'est ainsi que l'efficacité salvatrice de ces films nous libère de nos propre tourments psychiques en les projetant tels quels sur l'écran de nos fantasmes. Tourments causés par un réel qui a ravagé l'espace mental de ces personnages fictifs pas si lointains de nous. Alors, la toupie s’arrêtera-t-elle de tourner ? Espérons que le cinéma continuera de nous faire rêver.

 


Posté par Ubikart à 14:16 - Frissons de cinéma
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24-10-10

Le bonheur a encore frappé.

De Jean-Luc Trotignon, 1984. Vu à L'étrange Festival 2009 de Lyon, dans la thématique Mauvais Gènes.

Lâches, bêtes, méchants et crasseux, les Pinglard voient leur médiocre quotidien s'illuminer le jour où leur fille cadette sort une autobiographie sobrement intitulée Quand les couilles auront des dents.

Présenté en sélection parallèle au festival de Cannes 1986, Le bonheur a encore frappé est le représentant le plus violent de cette vague de comédies françaises aux dialogues fleuris qui sortaient dans les années 80, et dont Patrick Schulmann était le chef de file. Si la majorité de ces métrages se montraient gentiment ironiques sur la société française, Jean-Luc Trotignon s'en démarque en présentant une famille ouvertement détestable, et dont la médiocrité sera la clef de leur réussite. Joli scandale à sa sortie, proche d'une Mariés, Deux enfants en plus méchant, il reste à ce jour une oeuvre unique dans le cinéma français. L'étrange festival, Lyon, 2009.

Posté par Ubikart à 15:20
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